Cela faisait 6 mois que j’avais démarré ce nouveau poste chez Mecatransfert.

Les résultats que j’avais fait obtenir à ma boite m’avaient valu une belle promotion…j’étais désormais « OPEX manager » et dirigeais une petite équipe.
Mon salaire avait doublé, j’avais à présent une voiture de fonction allemande toutes options et Roger Goupil, mon patron, me sollicitait de temps en temps pour le remplacer dans les comités de direction.

Ma carrière semblait bien partie :

ma maîtrise des outils qualités, mes compétences en gestion de projets, mon professionnalisme, mon efficacité et mes capacités relationnelles avaient été mes meilleurs atouts pour me tracer une solide réputation tant dans la boite qu’au sein du groupe.

J’étais en train de me tracer un sillon qui allait, me propulser probablement d’ici quelques années, Roger se rapprochant de l’âge de la retraite, à diriger la boite, voire une filiale du groupe…
Peut-être même un futur vice-président, si mon niveau d’Anglais s’améliorait un tantinet !

Mais ce qui a une autre époque m’aurait rempli de fierté aujourd’hui bizarrement me laisse plutôt indiffèrent…sans savoir vraiment pourquoi, depuis quelques jours j’étais un peu mélancolique…
Un étrange sentiment mélangé de tristesse et de nostalgie m envahissait depuis peu.

La sonnerie de mon portable m’arrachait à ma rêverie :

C’était mon épouse, pour qu’elle m’appelle pendant les heures de travail, quelque chose de grave avait dû se produire :
Cela se confirmait dès que je décrochais :
– Daniel, notre fils s’est encore fait tabassé à l’école…
Je ne savais pas quoi répondre…en fait j’essayais de contenir un mélange
de colère, de tristesse et de désarroi… : cela faisait plusieurs fois que cela se produisait et en vérité je ne savais pas trop que faire.
Notre fils était un garçon charmant, un peu timide mais qui faisait de gros effort pour s’intégrer…
En fait il était différent des autres enfants de sa classe et probablement
pour cette raison, sujet a toute les railleries…
Mais de là à se faire taper dessus !
– Daniel…tu ne dis rien ? Tu trouves cela normal, toi ? Tu ne penses pas qu’il faut aller parler au directeur cette fois ?
Moi je n’en peux plus, Daniel, il faut faire quelque chose !
En fait moi non plus, je ne pouvais plus supporter que notre ainé, le fruit de notre amour soit un bouc émissaire, le souffre-douleur de sa classe !
Nous avions déjà parlé à son professeur, celui-ci nous avais promis d’observer ce qui se passait…Nous jurant que cela n’arrivait pas d’habitude…

D’habitude…

Mais c’était déjà la quatrième fois depuis sa rentrée au CE2!
Ce sentiment d’impuissance me laissait sans voix, ce qui n’était pas du gout de mon épouse qui commençait à s’énerver au téléphone
– Daniel, si tu ne fais pas quelque chose maintenant je vais défoncer la tête au casseur !

Je jugeais le moment tout à fait inopportun de faire un cours a ma femme sur la PNL, les techniques de communication efficaces et non violente, il était clair qu’elle n’y serait pas du tout réceptive !
En guise de réponse opportune, je sortis de ma boite a répliques la classique numéro 5:
Ecoute chérie, je ferme tout, j’arrive tout de suite et on en parle
– Merci!
Ce qui n’était bien sur aucunement une gratitude ou un hommage à ma réponse éloquente mais plutôt un encouragement à l’empathie que j’avais commencé à manifester.

Le temps de raccrocher, j enfilais mon blouson, signalais à Roger l’incident et je fonçais à la maison pour la réunion de crise….

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